Historique

La ferme du Rigolet à vu le jour en 2020 grâce aux démarches et à la vision de Samuel Bellefleur. De passage dans le village de Tête-à-la-Baleine alors que sa conjointe effectuait un stage à la radio communautaire, Samuel saisit une opportunité de développement d’un projet en partenariat avec le CEDFOB. Le Centre d’expérimentation et de développement en forêt boréale, un CCTT du Cégep de Baie-Comeau, recherchait des parcelles pour tester de nouvelles cultures en forêt boréale. Les cultures alors ciblées étaient les cultures fruitières et la culture de l’orpin rose (Rhodiola rosea) une plante médicinale nordique et indigène dont les propriétés s’apparentent à celles du Ginseng. 

L’idée d’étendre la portée du projet à la culture maraîchère alla de soi considérant les besoins du village côtier exacerbés par le contexte de pandémie de l’époque. De plus, la forme juridique OBNL était recommandée pour accéder aux subventions en lien avec ces projets de recherche. L’estrien d’origine et détenteur d’une maîtrise en environnement de l’Université de Sherbrooke, réalisa de nombreuses démarches et recherches auprès de la population, de la municipalité, de la MRC et du Ministère de l’environnement et des ressources naturelles afin de trouver un site approprié et d’avoir l’appui et les autorisations du milieu. Ainsi, c’est le 7 décembre 2020 que le premier conseil d’administration est formé et que l’organisme à but non lucratif la Ferme du Rigolet est enfin créé et enregistré.

La première année d’activité de la ferme a été consacrée à consolider les bases du site et à implanter les premières cultures fruitières en essais en partenariat avec le CEDFOB.

Les membres de l’équipe, constituée de Samuel Bellefleur, alors directeur, Huguette Marcoux, Robert Bastien et Abel Anderson, auront été les premiers à croire au projet et à effectuer les premiers gros travaux d’aménagement.

Le déboisement de la première parcelle du terrain de la ferme aura permis de créer un chemin d’accès et de libérer un espace pour la construction du premier cabanon et l’implantation des premiers fruitiers et des bacs à fraise. Les branches brûlées sur place tandis que les souches auront servi de remplissage afin de niveler le site.

Une nouvelle équipe a assuré la saison 2022. La direction est passée aux mains de Marie-Hélène Pilon-Choquette, toujours accompagnée par Huguette Marcoux et Robert Bastien, tandis que Myriam Dahmens’est joint à eux.

De nouveaux chantiers ont été relevés lors de cette saison. Une nouvelle parcelle fut buchée et dessouchée afin d’y établir à l’automne une culture expérimentale d’orpin rose (Rodiola rosea) en partenariat avec le CEDFOB. De nouveaux fruitiers ont également été implanté dans la parcelle expérimentale de 2021 et l’équipe aura récolté les premières fraises de la ferme!

Enfin, la serre fut construite à l’automne, au coeur du village sur le terrain de la Paroisse aux côtés du jardin communautaire avec l’aide de quelques citoyens supplémentaires qui se sont joints à l’équipe.

L’année 2023 avait comme objectif de lancer la production maraîchère. Pour l’occasion, Samuel Bellefleur, de retour à la direction, s’est entouré de Caroline Dufour-L’Arrivée à la coordination des opérations agricoles. D’abord la première année de production en serre chauffée a pu démarrer avec la production de tomates, concombres, et poivrons de serre ainsi que la production des transplants pour les cultures au champ.

Au champ, une nouvelle parcelle devait être déboisée et dessouchée afin de permettre l’établissement des premiers jardins maraîchers. Par la même occasion, un fossé fut créé afin d’améliorer le drainage du site. L’équipe est aidée pour l’occasion par Camil Monger à la pelle mécanique, Armand Anderson à la scie mécanique et par Antonina et Olga, deux nouvelles résidentes réfugiées Ukrainiennes, au nettoyage du terrain.

Le jeune sol boréal et les conditions climatiques n’auront pas offert des récoltes maraîchères extraordinaires pour cette première saison, par contre le succès de certaines cultures et leur goût succulent présageaient déjà un potentiel.

En 2024, Caroline Dufour-L’Arrivée toujours aux opérations agricoles ajoutera le poste de directrice générale à ses fonctions. La ferme se dote à ce moment d’un nouveau plan de développement et d’aménagement. Sur le terrain et en serre, la production maraîchère se poursuit pour une deuxième année. Au champ, l’amélioration du sol et les conditions météorologiques exceptionnelles permettent de belles récoltes de qualité pour la majorité des légumes. Le message est clair que la production agricole à Tête-à-la-Baleine est possible et que la ferme du Rigolet dispose d’un grand potentiel. La ferme atteint pour la première fois le revenu agricole minimal pour être considérée exploitant agricole.

À la serre, des travaux majeurs de drainage sont réalisés ainsi qu’une réorganisation des parcelles. Tandis qu’au terrain, six nouvelles petites parcelles expérimentales en partenariat avec le CEDFOB se mettent en place à l’automne pour tester la culture de deux petits fruits nordiques: l’airelle (graine rouge) et la framboise arctique. On prépare également le terrain en vue des nouvelle phase d’agrandissement et de travaux en 2025. Camil Monger, à la pelle mécanique et à la scie mécanique ainsi que Antoine et Jacob Monger viendront prêter mains fortes lors de ces gros travaux.

L’année 2025 est marquée par un nouveau gros chantier. La production en serre se poursuit tandis que la production au champ est mise en pause pour permettre un agrandissement et une reconfiguration du site et des jardins. Maya Boivin-Lalonde, notre agronome du CETAB+ qui accompagne le projet depuis les débuts, nous rend visite pour une semaine au printemps pour prêter main forte à la préparation de la saison. Le terrain est déboisé et dessouché à nouveau tandis que le fossé est déplacé pour dégager l’espace cultivable jusqu’à la limite Est du terrain. Le chemin de ferme et des arbres fruitiers sont déplacés afin de dégager l’espace cultivable pour les nouveaux jardins. Des drains agricoles sont installés et cinq nouveaux jardins sont créés, deux fois plus grands que les quatre précédents jardins. Caroline Dufour-L’Arrivée, toujours à la direction et aux opérations, est accompagnée par Camil Monger pour les travaux majeurs de bûchage, broyage forestier, dessouchage, terrassement du fossé et des tranchées de drainage et déplacement de sable. En parallèle un deuxième cabanon est construit sur le terrain par les frères Martin et Nicolas Marcoux.

Malgré un champ en pause, les revenus agricoles, assez similaires à ceux de l’année précédente, démontrent une augmentation de la productivité en serre et dans la production de fraise. De plus, la relance du membership à l’OBNL et une vente de plants potagers à succès au printemps a permis de compenser le ralentissement des activités agricoles. Au niveau des cultures expérimentales, l’orpin dans sa troisième année de culture démontre dans l’ensemble une croissance et une floraison impressionnante. Les démarches sont en cours pour assurer la poursuite du projet de recherche jusqu’à en 2027 et évaluer le potentiel local et commercial de cette culture. On découvre les premières framboises arctiques dans les parcelles de petits fruits avec une saveur exceptionnelle. Tandis que les deux premières prunes apparaissent dans les pruniers et certains pommiers réussissent à produire quelques pommes mûries à point avant la fin de la saison.

Finalement, une nouvelle étape du plan de développement se met en route avec l’étude pour la construction d’un bâtiment multifonctionnel sur le terrain de la ferme. Les architectes Jean-Claude Dumas et Mathieu St-Amant (Anne Carrier architecte) sont mandatés pour évaluer la faisabilité et proposer des scénarios. Une visite est réalisée à l’automne. Il sont accompagnés par Englobe qui assure l’étude environnementale phase 1 et qui conseille sur les considérations d’ingénieries civiles et géotechniques.

À venir…